La Chronique de Léa (3)

"La culture et moi"


Môme souffreteuse en quête de vie,

Abîmée par l’espoir et les problèmes d’autrui

Si jeune je porte en moi le poids du monde,

et l’angoisse d’un extérieur trop spontané


Je suis un buvard émotionnel

Je bois, j’avale les émotions

Imprégnée, j’attire comme un aimant les mauvaises ondes.


Pour exhaler ce trouble, depuis mon éclosion je côtoie des psychanalystes,

Pouvoir de la parole qui ne fonctionne guère.

Epuisée, papa motivé me tourne, vers une naissance nouvelle :

La culture.


Rapidement, ses effets thérapeutiques m’habitent

Cinéma, photographies -

L’art panse mes plaies, aide à la cicatrisation.


Poussée à écrire, j’illustre des histoires

Je pianote, je peins

Je purge un échappatoire


Insuffisant mais pas pour longtemps,

La culture est intense

Mais pas une compétition.


Pour l’anniversaire de mes neuf ans, papa m’offre un appareil photo

C’est le déclic, là il détient le bon filon ;

Je m’y exerce avec passion en cherchant à figer le monde qui m’entoure - et que je crains -

Son approche me décomplexe.


Vient la vidéo, l’image en mouvement me ravie

Je ressens l’immédiateté,

La pratique comme une révélation

L’ampleur éducative de la culture : élévation


Consommer et produire aident à la guérison

J’objective les désordres en moi

Thérapie en tirant le portrait


Culture aimante et infinie,

Grâce à elle je témoigne reconnaissance et amour à mes proches

En offrant des images,

Je disperse les émotions.


Libérée, pure

Je m'affranchis

Embellissant le sale monde

Invisible mais palpable

J’étends le pouvoir d’une culture si féconde.


© Léa Michaëlis (texte et photographie)

© 2020 Le Coquelicot Revue

© Logo par Oscar Bietry

  • Facebook Clean
  • Blanc Icône Instagram

France & États-unis